Presse: Aujourd’hui je créé mon réseau social à la carte

Article écrit par Luca Sabbatini, tdg.ch, 16.04.2012

Les piliers d’un réseau social digne de ce nom? «Partage, découverte, communication, repérage.» Paroles de spécialiste. En l’occurrence de Raphaël Briner, développeur basé à Genève qui a créé il y a trois ans HyperWeek (hyperweek.net), une sorte de «Facebook à la carte», qui vient d’engranger un financement de 500 000 francs.

«Aujourd’hui, tout est social sur l’internet», estime Raphaël Briner. Après l’ère des réseaux généralistes à la Facebook, où l’on échange avec ses «amis» les contenus les plus variés, voici celle des réseaux sociaux spécialisés, où l’on partage un seul type d’information: photos (Instagram), lieux où l’on se trouve (Foursquare), images de repas (Foodspotting), produits ou objets que l’on aime (Pinterest).

Et voici qu’une avalanche de nouveaux services cible des cercles d’utilisateurs de plus en plus restreints et précis. Le site Nextdoor (nextdoor.com), par exemple, cherche à faciliter la communication entre voisins. FamilyLeaf (familyleaf.com), lui, permet de gérer toutes les informations qui concernent une famille: seuls les membres d’un cercle familial peuvent s’y inscrire. Encore plus intime, voici Pair (trypair.com), une application pour iPhone à destination des couples, qui ouvre un canal entre deux personnes exclusivement. Elles peuvent s’y échanger billets doux et câlins virtuels en toute liberté et à l’écart des regards indiscrets.

Une idée qui a le vent en poupe

Le réseau social devient donc personnalisé, privé et confidentiel. Une contradiction dans les termes? Un paradoxe? Pas tant que ça. De plus en plus d’internautes, soucieux de protéger leurs données privées, cherchent des moyens de rester en contact avec leurs proches sans pour autant livrer leur vie en pâture à des services peu scrupuleux.

Et puis, il y a le cas des entreprises, des clubs, des associations, de toutes ces communautés qui, de gré ou de force, se retrouvent à devoir ou vouloir communiquer autour d’un même intérêt, qu’il soit professionnel ou privé, sans pour autant le crier à la face du monde. Pour eux, les bons vieux forums de discussion, lents, lourds et inefficaces, ne conviennent pas; Facebook reste trop ouvert; Google + manque de souplesse. C’est là qu’intervient un service tel que HyperWeek.

«Après trois ans de travail acharné, l’outil est parfaitement au point», assure Raphaël Briner. Et son idée a le vent en poupe: les clients affluent depuis le passage du service sur le «cloud», le fameux «nuage» informatique qui permet de retrouver ses données à partir de n’importe quel ordinateur connecté. «Grâce à la flexibilité de notre technologie, nous pouvons répondre à 95% des besoins», poursuit l’«entreprenaute» genevois.

HyperWeek, c’est en quelque sorte une usine à générer des réseaux sociaux personnalisés. «Du sur-mesure», insiste Raphaël Briner. «Nos clients définissent les axes de leur réseau social, nous leur fournissons toute l’architecture pour le faire fonctionner. Il ne reste qu’à le paramétrer par rapport à leurs besoins.»

Faciliter la communication

Un réseau social «clés en mains» façon HyperWeek inclut non seulement l’hébergement sur le «cloud», une adresse URL, des pages pour les membres, mais aussi des possibilités de publication très étendues: textes, photos, vidéos… Le tout disponible en quelques clics, grâce à des modules qui peuvent être facilement rajoutés ou ôtés. «Nous sommes compatibles avec plus de types de documents et de formats que Facebook!» assure Raphaël Briner.

Payante (avec un rabais de 50% pour les associations à but non lucratif), la plate-forme a déjà séduit un public varié: du club d’aviation au festival de musique. «Même si nous visons prioritairement le marché suisse, nous avons des utilisateurs de Genève jusqu’à Madagascar», révèle Raphaël Briner.

Certaines sociétés utilisent la technologie d’HyperWeek à l’interne, d’autres s’en servent pour créer un lien avec leur clientèle. «Par exemple un club à destination des fans, où ils peuvent publier des photos et bénéficier d’informations ou d’annonces en avant-première», suggère Raphaël Briner.

A l’autre extrémité du spectre professionnel, HyperWeek peut faciliter la communication au sein d’une société. «Utiliser un réseau social en guise d’intranet permet de faire remonter les problèmes le plus vite possible et d’exploiter l’intelligence collective des employés.» Une façon «d’ouvrir la porte à l’innovation».

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