Comin: Mon réseau social comme je veux et quand je veux !

Interview parue dans le Comin magazine de décembre 2009.

Victoria Marchand: Comment définissez-vous votre produit Hyperweek.com ?
Raphaël Briner: Comme une plate-forme de lifestreaming de même type que Facebook, qui permet d’offrir des liens de tout type et sur tous les formats (texte, photo, vidéo, etc..).

A qui s’adresse-t-elle ?
Aux entreprises qui s’intéressent à la blogosphère et qui souhaitent sortir du banner et développer leur propre réseau social.

Après le « rich » média, voici venu le temps de « mon » média, un effet de mode ?
Non, plutôt la prise de conscience de l’importance du client. Plus que jamais la valeur d’une marque est intimement liée à celle de ses fans. Avec le développement de la blogosphère, la relation transactionnelle ne suffit plus à qualifier le lien existant entre une marque et un consommateur. On doit aujourd’hui tenir compte de la valeur de connexion. C’est l’échange qui crée le lien, l’émotion, l’attachement.

Un lien somme tout très intéressé…
Pas uniquement, car en mettant en ligne des images, des vidéos ou des documents sonores, les marques récupèrent un patrimoine qu’elles n’ont souvent pas gardé. Peu de secteurs ont valorisé jusqu’à présent la tradition, l’héritage, etc.. Cet échange est donc aussi constructif pour la marque que pour son client.

On commence à voir émerger de nouvelles plates-formes transversales qui mettent en avant une industrie plutôt qu’une marque. Est-ce la bonne approche ?
Oui, surtout pour des secteurs de grande consommation comme l’horlogerie, l’industrie automobile, les loisirs, etc. Sur ces plates-formes on trouve surtout des collectionneurs qui sont plus pros que des pros. Seul bémol : pour être pertinentes ces plates-formes doivent regrouper toutes les marques et là, c’est un autre défi.

Les nouvelles marques ont-elles une carte à jouer dans l’univers des réseaux sociaux ?
On sait que les internautes qui dialoguent sur le Wall de Facebook veulent dans 30% des cas exprimer leur point de vue, dans 20% rejoindre un groupe. Cette remontée d’information est une chance inespérée pour une jeune marque qui a besoin de retours immédiats quant à l’acceptation de son produit, sa qualité, sa distribution. N’oublions pas que le temps, c’est de l’argent !

Ce flux peut-il aboutir à de l’innovation produit ?
C’est effectivement un autre aspect très positif qui doit encourager les marques à s’ouvrir aux réseaux sociaux. On n’y recueille pas que des critiques mais également des suggestions. Le « touch screen » d’Apple n’aurait jamais vu le jour si les clients de cette marque ne l’avaient pas demandé.

Je me mets dans la peau d’une marque. J’ai un site. Comment puis-je me convertir au 2.0 ?
On peut déjà créer de l’événementiel sur ce site afin de générer des pics d’audience. Un simple concours, relayé sur facebook, permet d’augmenter le trafic et de commencer à recenser des profils. Deuxième étape, on peut intégrer facebook connect sur son site. Une approche décentralisée qui implique que les informations relatives à votre marque soient partagées. Enfin, plus cher mais plus personnalisé, vous pouvez créer votre propre plate-forme du type Hypeweek avec des archives propres, du live streaming et des réseaux intégrés.

Toutes les marques ne vont pas s’offrir une Rolls Royce…
Pour l’instant, c’est encore vrai. Je reste convaincu que la généralisation de plates-formes mutualisées va amener une réduction des coûts de réalisation. Rappelons-nous que le coût du stockage de données a été divisé par 5 en dix ans. Idem pour le streaming, la vidéo, etc. Enfin, et c’est le point essentiel, les réseaux sociaux vont devenir une source de revenus. Une nouvelle couche transactionnelle va apparaître, les marques doivent s’y préparer.

Victoria Marchand

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>